RGPD et IA Act

Données personnelles et IA : Guide complet pour les petites entreprises

Le 19 novembre 2025, la Commission européenne a officiellement dévoilé le plan dit Digital Omnibus — un train de mesures visant à simplifier plusieurs des principaux cadres réglementaires du numérique : données personnelles, cybersécurité, IA, e-privacy.

Cette initiative arrive à un moment charnière : alors que des textes comme le RGPD, le AI Act ou encore le Data Act structurent déjà l’activité numérique des TPE/PME, le Digital Omnibus entend alléger la charge administrative, clarifier les interactions entre ces textes, et offrir des simplifications concrètes — ce qui peut représenter un véritable soulagement pour les petites entreprises, souvent contraintes par la complexité réglementaire.

Voyons ce que cela implique concrètement pour une petite entreprise francilienne – et comment, avec un peu de méthode et des bons réflexes, elle peut profiter de l’IA et du numérique sans tomber dans le piège de la non-conformité.

Cadre réglementaire en un coup d’œil — dates clés et principes

La réglementation européenne peut sembler technique, mais elle repose sur une idée simple : protéger les personnes, tout en permettant aux entreprises de travailler, d’innover et d’utiliser l’IA de manière responsable.

■ Le RGPD : le socle, toujours incontournable

Le RGPD (en application depuis mai 2018) reste le texte central pour toute entreprise européenne.
Dès qu’une entreprise collecte des données sur ses clients, prospects, salariés ou utilisateurs (formulaires, cookies, emailing, facturation…), elle doit :

  • disposer d’une base légale (contrat, consentement, intérêt légitime…) ;
  • informer les personnes de manière claire ;
  • respecter leurs droits (accès, suppression, opposition…) ;
  • s’assurer de la sécurité minimale des données ;
  • encadrer les prestataires (hébergeur, CRM, outils IA) par des contrats adaptés ;
  • tenir un registre des traitements, même sous forme simplifiée.

En 2024–2025, les contrôles CNIL s’intensifient, y compris pour les TPE, notamment dans les secteurs locaux : restauration, santé, conseil, services à la personne, e-commerce local, etc. L’enjeu n’est donc pas théorique.

■ Les nouveaux textes “data” : un impact plutôt indirect pour les TPE

Ces textes, ainsi que des directives e-privacy, e-commerce, gouvernent le partage, la circulation, l’hébergement et la réutilisation des données. Pour une petite entreprise, l’effet est surtout indirect — via les contrats avec des éditeurs SaaS, hébergeurs ou prestataires cloud.

Deux textes structurent désormais le partage et la circulation des données en Europe :

  • le Data Governance Act (organisation du partage sécurisé de données) ;
  • le Data Act (accès, portabilité, obligations pour les plateformes et objets connectés).

Une TPE n’y est généralement pas soumise directement, mais ses fournisseurs de logiciels, de cloud ou de CRM, eux, le sont. L’impact passe donc par les contrats : plus de transparence, plus de garanties, plus de choix pour récupérer ses données.

■ L’AI Act : le grand cadre de l’intelligence artificielle

Adopté en 2024, l’AI Act a classé les usages de l’intelligence artificielle par niveaux de risque (minimal, limité, élevé, inacceptable), avec des obligations accrues pour les IA à risque élevé (documentation, gestion des risques, transparence, marquage CE, etc.).

Il classe les systèmes d’IA en quatre niveaux :

  • Risque inacceptable : interdits.
  • Haut risque : systèmes d’IA qui affectent les droits des personnes (RH, scoring, sélection de dossiers…).
  • Risque limité : transparence requise (chatbots, assistants IA).
  • Risque minimal : la majorité des IA utilisées par les TPE (outils de productivité, IA générative standard).

Pour les systèmes “à haut risque”, les obligations sont beaucoup plus lourdes : documentation complète, gestion des risques, qualité des données, enregistrement dans une base européenne, marquage CE.

Là encore, les petites entreprises (hors start-up/scale-up) ne devraient pas développer elles-mêmes ce type d’IA. Elles utiliseront plutôt des solutions déjà conformes proposées par des éditeurs sérieux.

■ Un point clé : dès qu’il y a données personnelles + IA → RGPD et AI Act s’appliquent ensemble

Exemple : une petite entreprise de recrutement à Boulogne-Billancourt qui utilise une IA pour pré-qualifier les CV doit respecter les deux cadres.

Aujourd’hui, le Digital Omnibus propose des ajustements : la Commission vise à alléger certaines formalités pour les PME, à offrir plus de souplesse dans la mise en conformité, et à repenser certains délais d’application — notamment pour les IA “haut risque”.

Les 10 réflexes concrets pour les entrepreneurs d’Ile de France

Une petite entreprise de Seine-et-Marne, des Hauts-de-Seine ou du Val-d’Oise utilisant au quotidien un CRM, une solution emailing, un site vitrine, et peut-être ChatGPT ou un assistant IA intégré dans son logiciel métier devra adopter une dizaine de réflexes clés pour assurer sa conformité réglementaire.

Réflexe n°1 — Mettre à jour la politique de confidentialité (une fois pour toutes)

Une page claire, lisible, avec :

  • quelles données vous collectez ;
  • pour quelles finalités ;
  • combien de temps vous les gardez ;
  • vos prestataires (CRM, hébergement, outils IA) ;
  • les droits des personnes et votre adresse de contact.

Une fois rédigée, cette page ne bougera plus beaucoup.

Réflexe n°2 — Tenir un mini-registre des traitements

Pas besoin d’un tableur compliqué.
Une simple fiche listant :

  • Clients
  • Prospects
  • RH
  • Newsletter
  • Outils IA
  • Finalité
  • Base légale
  • Durée de conservation
  • Prestataires

Une heure de travail, puis une mise à jour annuelle.

Réflexe n°3 — Encadrer vos prestataires numériques

Chaque fois que vous utilisez :

  • un CRM (HubSpot, Zoho, Teamleader, Axonaut…),
  • un outil IA,
  • un SaaS marketing,
  • un prestataire web,

vérifiez qu’il propose :

  • des clauses RGPD,
  • l’hébergement européen ou des garanties équivalentes,
  • une politique de confidentialité claire.

La plupart des grands SaaS en Ile-de-France le proposent déjà.

Réflexe n°4 — Activer les réglages de sécurité de base

C’est simple, immédiat, et cela évite 90 % des problèmes :

  • double authentification,
  • mots de passe forts (ou gestionnaire de mots de passe),
  • sauvegardes automatiques,
  • limitation des accès aux outils (ne pas laisser traîner des comptes inactifs),
  • chiffrement quand il est proposé.

Réflexe n°5 — Choisir des IA “pro”, pas des IA grand public

Pour les usages métier :

  • préférez les versions professionnelles (ChatGPT Team/Enterprise, Microsoft Copilot Business, Google Workspace AI…),
  • désactivez la réutilisation de vos données pour l’entraînement,
  • ne collez jamais de données sensibles dans une IA grand public.

Une TPE de 5 personnes peut déjà faire beaucoup avec une IA professionnelle très abordable.

Réflexe n°6 — Informer lorsqu’un service repose sur de l’IA

Exemples :

  • un chatbot sur votre site,
  • une FAQ automatisée,
  • un système d’aiguillage automatique des demandes.

Il suffit d’une phrase :
“Ce service utilise un système d’intelligence artificielle pour vous répondre en première intention. Vous pouvez demander à un humain à tout moment.”

Transparence = conformité.

Réflexe n°7 — Sensibiliser l’équipe en interne (5 minutes par mois)

Pas besoin de formation juridique.
Une courte routine suffit :

  • ne jamais envoyer de fichiers clients dans une IA publique ;
  • vérifier les destinataires avant chaque envoi ;
  • ne pas stocker de données sensibles sur des postes non sécurisés ;
  • utiliser les outils IA internes plutôt que personnels.

La conformité, c’est avant tout des habitudes.

Réflexe n°8 — Vérifier si vos usages IA entrent dans le “haut risque” de l’AI Act

Pour une TPE francilienne, c’est rare, mais cela peut arriver dans deux cas :

  1. Recrutement : utilisation d’une IA pour pré-qualifier ou scorer des candidats.
  2. Décisions automatisées significatives : refus de financement, évaluation RH, tri automatique de dossiers.

Dans ces situations, adoptez le principe de précaution :

  • choisissez uniquement des solutions certifiées (marquage CE),
  • vérifiez la documentation fournie par l’éditeur,
  • informez clairement les personnes concernées.

Réflexe n°9 — Garder une trace écrite de vos choix

Quelques lignes dans un fichier :

  • “Nous utilisons tel CRM pour telle raison.”
  • “Nous avons activé telle option de confidentialité.”
  • “Nous avons informé nos clients de l’usage de l’IA.”

En cas de contrôle, c’est ce qui fait la différence.

Réflexe n°10 — Favoriser les solutions cloud sérieuses et reconnues

La meilleure stratégie en 2025 pour une petite entreprise de Fontenay-aux-Roses, Meaux ou Saint-Germain-en-Laye ?

  • Choisir des solutions avec une bonne réputation.
  • Activer les réglages recommandés par défaut.
  • Utiliser les guides fournis par les éditeurs.
  • Ne pas multiplier les outils difficiles à suivre.

L’éditeur fait 80 % du travail de conformité pour vous.

Ce que La réforme du Digital Omnibus change vraiment

Aujourd’hui, le Digital Omnibus propose des ajustements : la Commission vise à alléger certaines formalités pour les PME, à offrir plus de souplesse dans la mise en conformité, et à repenser certains délais d’application — notamment pour les IA “haut risque”.

L’objectif affiché du Digital Omnibus est de simplifier, clarifier, harmoniser. Voici les principales évolutions pour les entreprises :

  • Réduction des redondances et des lourdeurs administratives : alignement des définitions, standardisation des obligations, simplification des processus de notification.
  • Adaptation aux PME/TPE : les obligations (documentation, reporting, procédures) deviennent proportionnelles — moins lourdes pour les petites structures.
  • Simplification du régime des incidents de cybersécurité : un point de signalement unique — plus besoin de multiplier les déclarations sous différents régimes.
  • Un cadre plus lisible pour l’IA : l’ajustement des règles de l’AI Act, des délais repoussés pour certaines obligations “haut risque”, et un encadrement plus souple favorisent l’usage responsable de l’IA sans surcharge réglementaire.

En clair : l’ambition est de passer d’une approche punitive ou ultra-légale à une logique de conformité simplifiée, claire et opérationnelle, adaptée aux réalités des petites entreprises.

Ce que cela signifie pour une entreprise locale basée en Île-de-France

Si vous êtes une entreprise modeste — artisan, consultant, agence, commerçant, freelance no-code, petit e-commerçant —, voici ce que ces évolutions changent dans votre quotidien :

  • Vous n’aurez plus à multiplier les formalités : un seul registre simplifié, une documentation allégée, moins de formulaires, moins de déclarations.
  • Les obligations techniques (sécurité, gestion des incidents, hébergement, consentement) restent — mais elles sont clarifiées, et les pratiques “par défaut” (outils SaaS, hébergement UE, paramètres de confidentialité) sont souvent suffisantes.
  • Si vous utilisez l’IA pour des usages basiques ou modérés (assistants, CRM, outils marketing, génération de contenu non sensible), vous pouvez continuer — avec un encadrement plus adapté.

Si vous prévoyez d’utiliser l’IA pour des usages “risqués” (décision automatisée, scoring, recrutement, santé, données sensibles…), le cadre reste exigeant — mais les obligations sont calibrées pour les PME.

Conclusion : Pourquoi ce tournant réglementaire peut être une opportunité — pas une contrainte

Le Digital Omnibus 2025 montre que l’Union européenne comprend que le tissu économique de ses États membres est largement composé de TPE et PME — et qu’il faut adapter le cadre à cette réalité.

En simplifiant les règles, en réduisant les formalités, en proposant des instruments de conformité allégés, elle permet aux petites entreprises de :

  • innover sans peur,
  • utiliser l’IA de façon responsable,
  • se concentrer sur leur cœur de métier plutôt que sur des obligations légales complexes,
  • améliorer leur crédibilité (transparence, conformité, sérieux) — ce qui, en Île-de-France, est un vrai avantage concurrentiel.

Pour une TPE francilienne, conformer son site, ses outils numériques ou son usage d’IA, ce n’est plus un fardeau : c’est un signal de sérieux, un argument de confiance vis-à-vis des clients.

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